Le chemin me mène…
Le chemin me mène ,
ce matin, vers des fragments de lumière
épars entre roches et bosquets.
Le regard ,rivé aux berges
suit les frêles calligraphies
d’eau sur le sable.
Un cri comme un appel
et l’oiseau surgit
bousculant la tiédeur de l’air.
Ce chemin me mène ce matin
vers un temps plein et ouvert,
où formes et couleurs se mêlent.
22 Septembre 2025
Confidences des nuages
Les nuages m’ont parlé d’amour
et ravinés mon cœur
sous une pluie de mots murmurés:
chaleur et douceur.
Juste un rêve à peine éclos
pour ne pas froisser
la soie déjà parfaite d’un instant de vie.
Être là et accepter
la beauté dans le non accompli.
Sans espérance,
sans attente,
honorer la grâce de la rencontre.
25 Juin 2025
Le refuge intérieur
Dans les heures dorées
et les silences féconds ,
les portes du refuge intérieur s’entrouvrent
pour laisser glisser en douceur
et sans prise
le souffle chaud du vent .
L’accompagner jusqu’au seuil,
là où les pierres s’effacent
pour rejoindre une prairie
gorgée de soleil.
Avancer à pas lents
pour ne pas piétiner
dans chaque fleur, chaque herbe
la vie jaillissante.
18 Juin 2025
Les eaux calmes
Les eaux calmes de l’étang
me rappellent tous les printemps .
Les oiseaux glissent
ivres et joyeux
sur l’onde immobile.
Des refrains de tendresse
pianotent
le silence des rives.
Au revers des feuilles ,
dans les frôlements d’ailes,
s’exhalent des effluves en abondance.
Dans la clarté en apogée,
le jour défait sa traîne
aux promesses tenues
des alliances végétales.
Tant de beauté
pour vaciller de gratitude
en osmose
avec le balancé subtil des roseaux.
25 mai 2025
Seules les ombres …
Seules les ombres au sentier
parlent de l’absence programmée
d’un végétal foisonnant,
de l’abondance octroyée par les larmes du ciel .
Jour bleu s’inclinant
vers le vert abandon du bosquet.
Les visages respirent
dans la conspiration céleste,
cette manne irradiée de lumière.
Et nous portons seuls nos ombres
dans les heures blanches
des nuits et des jours.
Les flammes vacillent
dans la fidélité des souffles
et nous ouvrons nos mains
pour que la chaleur diffuse
encore et encore…
22 Décembre 2024
Ivresse du soir
L’ombre appelle
dans les recoins,
l’embrasure de la fenêtre,
le négligé désordre des draps,
ce que ma nuit désire :
des rêves de lumière
qui, jusqu’au vertige,
m’enlaceraient le cœur.
Ivresse du soir ,
fantaisie préméditée
avant la langueur,
les complicités se nouent ,
partitions ajustées
au tempo des songes .
Ivresse du soir,
ce qui demeure,
inaltérable et joyeux :
ce jeu léger entre
présence et absence .
22 novembre 2024
Dans cette journée lumière
Dans cette journée lumière
où je te quête
entre les branches
au sentier dans les espaces mouvants des ombres
Répondras tu ?
Le sang écume dans mon cœur
des promesses attendues
d’une intense présence,
guidante et aimante.
Les heures s’alanguissent
entre les verts sombres des bosquets
et les zébrures dorées
au panache des troncs dressés.
Répondras tu ?
Août 2024
Reviendras tu ?
Au clair du marais,
les herbes s’agitent
mais nulle présence féconde
pour tisser ce cœur de verdure
tiède et enveloppant.
J’avance à pas lents
dans les lianes furtives du vent.
Une branche effleure mon épaule,
soupçon d’une caresse perdue.
Tout semble destiné à seulement être
fugitif et insaisissable.
La danse pétillante du rouge gorge
entre présence et absence
comme un effroi
dans l’éclaboussure du soleil.
Reviendras tu ?
Juin 2024
Rencontre
A la croisée des chemins
Ce regard inconnu
Il vous fait glisser
Avec délices dans un puits profond
Dans la troublante douceur
Qui vous happe et vous broie
Un cœur solitaire
Assoiffé d’amour.
Une lenteur appuyée
Qui se donne
Tel un faisceau de soleil
Miroitant de candeur.
Un geste en retenue
Une attention sauvage
Dans la douleur
D’un nécessaire effacement .
Un désir qui souligne
Ce trait qui lie et relie
Tel un éclair impétueux
zébrant la nuit
Aucun mot
Pour étancher
La soif
Seul un silence lourd
Dans la blancheur des sourires
Éperdu ravissement
Victime consentante
De ses émois
16 mars 2024
Le jardin du vent
La beauté fragile
du vol éphémère
d’une transparence révélée
dans l’instant ….
15 Octobre 2023
Jour blanc
Le temps s'étire à l'infini.
Regards tristes
amarrés à l'attente.
La parole éclate
dans le silence,
couperet aux mots intérieurs chuchotés.
Le sang se retire des visages
étrangers à eux mêmes.
Un double en eux s'affole
et espère une quiétude prochaine.
Écouter le bas bruit
d’un sursaut de vagues.
Mélopée de notes profondes,
sésames secrets
à l’entrée dans un songe.
Le temps qui passe
Sur les rives, les barques en attente
du dernier voyageur.
La place vide
étincelante comme une promesse.
Un imaginaire secret s'y faufile
et repousse les parois
car seul subsiste
le rêve d'un voyage.
Une danse lente
Des répliques blanches
Entre ombres et reflets
La courbure
dans le jour laiteux
s'impose
et s'abandonne
A la porte d'un songe
Quelques mots chuchotés
Entre pierres et fougères
Dentelles de cristal
Le jour se devine
dans sa beauté voilée
Le bois délavé
L'empreinte de l'acier
Force et fragilité
Calligraphie végétale
Une branche se penche
et interroge le lit de la rivière
Entrelacs végétaux
Complicité des formes
Pour ouvrir l'espace
à la clarté du jour
Lettres moussues
confiées à l'inconnu de l'Onde
Pour quelle destinée ?